Histoire de guérisseurs : Maitre Philippe de Lyon (1/3)

Dernière mise à jour : 9 févr.

Parmi les grands guérisseurs célèbres il y en a un que j’admire tout particulièrement, d’une part parce qu’il n’y avait aucune limite à ce qu’il était capable de faire, ensuite ayant vécu durant la deuxième moitié du XIX° siècle, sa vie a été très bien documentée et enfin parce qu’il a oeuvré à Lyon, ma ville natale. Maître Philippe de Lyon est plus qu’un grand homme, c’était un être éveillé, conscient de sa mission sur terre. Il avait un grande foi en l’humain assorti d’un amour immense. Voici en condensé, la première partie de son histoire.


Un destin annoncé


Maître Philippe, de son vrai nom Anthelme Nizier nait en 1849 à Rubathier un petit village de Savoie. Ses parents se prénomment Marie et Joseph, cela ne s’invente pas et lorsqu’elle était encore enceinte, Marie fait le déplacement à Ars pour assister à la messe du célèbre Curé et guérisseur de renom. Celui-ci vient à sa rencontre et lui dit: « Dans quelques temps tu auras un fils et il montera très haut ».


Remarquablement intelligent, les parents d’Anthelme lui donne une instruction. A l’école il a déjà tendance à guérir les bobos de ses copains de classe et à la maison, il soigne les bêtes de son père.


En grandissant, il souhaite faire des études de médecine, c’est pourquoi, à 14 ans, il est envoyé à Lyon chez son oncle boucher qui officie dans le quartier populaire de la Croix Rousse. Il y travaille et reçoit un salaire qui lui permet quelques temps plus tard de s’inscrire à l’institut Saint Barthélémy (aujourd’hui Lycée Aux Lazaristes) pour passer ses certificats. Mais parallèlement il côtoie les canuts de la Croix-Rousse, ces tisserands souvent pauvres, écoute les maux et soigne gratuitement les corps en s’attaquant à toutes les pathologies. Le bouche à oreille fonctionne et on commence à venir le voir.


Une vocation : devenir médecin


portrait d'Anthelme Nizier Philippe jeune

Il installe donc son cabinet dans un autre quartier populaire : celui des Brotteaux. Les gens s’y pressent car cet homme guérit tout le monde de tout, instantanément, et ce, toujours sans demander un centime.


Lorsque la guerre de 1870 éclate il est rapidement réformé grâce aux séquelles d’un blessure à la main faite durant ses années à la boucherie et qui l’empêchent de tenir un fusil.

En 1874 il s’inscrit à la faculté de médecine où il poursuite 5 certificats simultanément. Il prend l’habitude de guérir les patients lors des visites à l’hôpital et les médecins commencent à s’apercevoir de ses activités.


Un jour, il rentre dans une chambre et y découvre un patient totalement abattu car l’on devait l’amputer de la jambe le lendemain. Il lui promit qu’il allait guérir et que l’opération n’aurait pas lieu et fit promettre au patient de ne rien dire. Or, le lendemain, les médecin constatèrent que la jambe guérissait d’elle-même et demandèrent au patient ce qu’il s’était passé. Celui-ci répondit sans doute oubliant son serment : « C’est le petit monsieur brun qui m’a vu ».


Un autre jour, ce sont 3 hommes atteints de la fièvre typhoïde à l’article de la mort qu’il soigna par la parole. Il leur dit: « On vous considère comme perdus, ne le croyez pas; vous guérirez tous les trois. Demain vous entrerez en convalescence et l’on vous enverra à Longchêne ». Et c’est ce qui se passa.


Mais les frasques du jeune interne rendirent les médecins furieux. On enquêta à son sujet pour découvrir l’existence de son cabinet. Il se fait expulser de la faculté et fut taxé de charlatan exerçant une médecine occulte.


Dans ces années-là il fait la connaissance de Jeanne Julie Landar, fille unique d’un riche bourgeois lyonnais. Il est appelé à son chevet en dernier recours. A l’article de la mort il guérit la jeune fille. Tous deux se lient d’amitié puis tombent amoureux. Lorsque que Monsieur Philippe demande Jeanne Julien en mariage, le père de cette dernière ne peut rejeter celui qui a sauvé sa fille et ce, malgré la différence de milieu sociale. Ils se marient en 1877 à l’Arbresle, commune où se situe la demeure familiale des Landar.


Monsieur Philippe devient Maître Philippe


Portait de Maître Philippe

Monsieur Philippe commence à donner des séances publiques. Il s’installe en 1887 dans un hôtel particulier, rue de la Tête d’Or, appartenant à sa femme, qui une fois aménagé peut accueillir jusqu’à 80 personnes. Il donne des séances matin et après-midi et on le connait désormais sous le nom de Maître Philippe.


Pendant ses séances il utilise des méthodes particulières. Il introduit chaque séance par un temps de recueillement puis il passe dans les rangs, interroge chacun et guérit par la seul pouvoir de sa volonté. Beaucoup de paralysés viennent le voir et ceux-ci repartent de l’hôtel particulier sur leurs deux jambes. Souvent il demande de l’aide à l’assistance, par exemple de ne pas médire pendant 2h ou 3 jours en fonction du problème à soigner. Et les miracles se produisent. Des médecins, des hommes de loi, des haut fonctionnaires viennent aux séances en espérant y voir un charlatan mais ils repartent toujours ébahis. Des médecins examinent même les patients avant que Maître Philippe n’intervienne. Bien que les diagnostics soient sans appel, les patients guérissent comme tous les autres.


Sa réputation commence à dépasser les frontières. On vient d’Italie pour le voir en séance. Il est même sollicité par le Bey de Tunis en 1881 et il sera nommé Officier du Nicham Iftikar en reconnaissance de ses bons soins. Cet homme semble perdu et souffre beaucoup. Maître Philippe lui aurait dit : « Écoutez, je peux vous accorder 18 mois de vie, sans quoi vous resterez peut-être quelques années, mais à souffrir atrocement ! » Chose promise chose due, le Bey est immédiatement soulagé ce qui lui permet de poursuivre son oeuvre mais il décèdera effectivement dans le délai annoncé.

Dans le prochain article nous aborderons les procès intentés à son encontre et son succès à la cour impériale de Russie.


 

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